La question de marqueurs précoces de la MA se pose de façon de plus en plus aigüe avec l’espoir de voir se développer des traitements anti-amyloïde.

Une étude américaine récente a recherché des marqueurs biologiques et en IRM.

Pour cela, ils ont travaillé sur un registre de 1500 patients colombiens dont 30% sont porteurs d’une mutation responsable d’une forme autosomique dominante de la MA (E280A-PSEN1, PSEN = Préséniline), conduisant à un début précoce de la maladie (avant 65 ans et moyenne à 44 ans pour le déclin cognitif modéré ou MCI et 49 ans pour la démence).

44 patients âgés de 18 à 26 ans dont 20 porteurs de cette mutation ont été retenus. A l’inclusion, tous avaient des résultats comparables aux tests neuropsychologiques. Le protocole d’étude combinant imagerie structurelle et fonctionnelle par IRM et dosage du peptide amyloïde Béta dans le LCR et le plasma.

Chez les porteurs de la mutation, les concentrations cérébrospinales mais aussi plasmatiques de peptide bêta amyloïde 42 (ou AB 1-42) étaient significativement plus élevées, alors que les concentrations de la protéine AB1-40, non spécifique de la MA étaient similaires entre les 2 groupes.

Concernant les résultats d’IRM, les porteurs de la mutation présentaient une activation supérieure des zones hippocampiques et parahippocampiques et une désactivation moindre dans les régions cingulate postérieure et précunéus.

Ces résultats apportent la preuve que près de 20 ans avant le début de la démence avant le début moyen du MCI, des modifications cérébrales visibles structurellement, fonctionnellement et ayant une traduction plasmatique sont détectables chez les sujets prédisposés à la MA, bien antérieures à la constitution des plaques amyloïdes.

Cette étude prouve qu’il est possible d’anticiper sur le diagnostic de MA chez ces sujets génétiquement prédisposés. Cette possibilité est-elle extensible à d’autres formes génétiques ou non génétiques de la MA ? Si tel était le cas, cela pourrait ouvrir à un dépistage précoce et à un éventuel traitement prophylactique de la MA à condition que les traitements anti-amyloïdes attendus démontrent leur efficacité.

Lancet Neurology on line 06/11/12