Aucun individu n’a envie d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer. Pourtant la précocité du diagnostic est souvent le meilleur gage de guérison. C’est pourquoi une technique aussi peu invasive qu’un test respiratoire offrant la possibilité de diagnostic précoce de diverses formes de cancer représente un espoir immense dans la prise en charge de ces maladies.

Il convient toutefois d’être très prudent compte tenu des nombreux espoirs qu’avaient suscité d’autres projets qui n’ont finalement pas abouti. Le test mis au point par des chercheurs israeliens a été comparé à un nez électronique, détectant des modifications de l’organisme secondaires à divers processus de tumorogénèse. Il a été baptisé NA-NOSE (pour Nano Artificial NOSE). Il a été testé sur une cohorte de 62 volontaires entre Avril 2007 et Mars 2011, atteints de cancer de la tête et du cou ou de cancers du poumon, comparés à des volontaires sains. Tous les patients atteints ont été correctement dépistés et seuls 2 volontaires sains ont été considérés comme positifs. Cette spécificité est évidemment très importante compte tenu des conséquences, en termes psychologiques et économiques d’un résultat positif. Les 2 types de cancer ont été correctement détectés. Les chercheurs pensent pouvoir également discriminer les différents types de cancers et les organes concernés (poumon, sein, colo-rectal, prostate, tête et cou).

Le support méthodologique de ce test consiste en des détecteurs (« gold sensors ») qui peuvent repérer des modifications moléculaires présentes dans les cellules circulantes des patients atteints à des concentrations si basses que l’analogie « trouver une aiguille dans une botte de foin » est souvent utilisée pour l’expliciter.

Des travaux complémentaires sont prévus pour confirmer ces premiers extrêmement prometteurs. S’il se révèlent probants, une utilistion dans le dépistage des cancres colo-rectaux et mammaires pourrait être envisagée dans un délai de 3 ans. L’extension à d’autres types de cancers mais aussi à d’autres affections chroniques ou dégénératives est un espoir à plus long terme (7 ans minimum).

Source : European Commission – Research and Innovation