Un rôle de la vitamine D a déjà été évoqué dans la survenue du cancer du pancréas ou son évolution d’après des études cliniques ou épidémiologiques. Cependant jusqu’à présent il n’avait jamais été possible d’apporter de preuves expérimentales de cette relation éventuelle. Une étude récente a semble-t-il permis de faire un pas en avant en identifiant une mutation du gène du récepteur de la vitamine D qui procurerait un avantage significatif en terme de survie aux malades qui en seraient porteurs.
Le point de départ était l’étude génomique d’une bibliothèque d’échantillons tissulaires prélevés chez 350 patients atteints de cancer du pancréas. Une première étude associative mettait en évidence le lien entre la présence d’un SNP et un mauvais pronostic.
Les chercheurs ont réanalysé ces données pour essayer de trouver des marqueurs pronostiques additionnels. Les résultats ont montré que 4 gènes candidats pouvaient être significativement impliqués dans des différences de survie dont la gène VDR (Vitamine D Receptor), lorsqu’il est porteur d’une mutation (rs283564). Le taux de mortalité était réduit de 18%. Un étude identique d’une autre banque tissulaire a confirmé et même accentué ces données (réduction de 26%). L’augmentation de survie était plus importante chez les patients porteurs d’une mutation biallélique (10.5 mois) que chez ceux porteurs d’une mutation hétérozygote (8.3 mois) par rapport aux patients « non mutés » (6.6 mois)
Même si des travaux complémentaires doivent être menés pour essayer de comprendre ce lien de causalité, ces résultats réactivent l’intérêt des chercheurs pour la vitamine D dans la genèse ou le traitement du cancer du pancréas. Il est prématuré d’affirmer que des applications thérapeutiques pourraient en découler. Il faut néanmoins signaler que la proportion de tumeurs pancréatiques porteurs de la mutation homozygote est de 17% (47% pour une mutation hétérozygote et 36% sans mutation).
Medscape news (19/06/12)
