La question de la relation entre la concentration en IgE et la sévérité de l’allergie est souvent discutée et a fait l’objet de nombreux travaux aux résultats contradictoires. Par contre la notion d’affinité des IgE pour les épitopes des allergènes concernés a rarement été étudiée. Une étude récente s’est intéressée à ce répertoire dans une population de sujets sensibilisés aux acariens et à la poussière de maison. Le marqueur d’affinité du répertoire est le dosage d’un complexe comprenant des recombinants IgE, des allergènes et des cellules CD23+. Parallèlement le taux d’IgE spécifique chez les sujets étudiés et les effets d’une supplémentation de chaque sérum avec un ou plusieurs IgE recombinants monoclonaux spécifiques de Der p2 sur la formation de ces complexes a été étudiée.

Les résultats ont montré que seuls les sérums avec la plus forte concentration d’IgE spécifiques Der p2 entraînent des formations de complexes sans apport supplémentaire d’IgE recombinants. La titration intermédiaire nécessite que l’on supplémente ces sérums avec des IgE recombinants individuels pour entraîner la formation de complexes.

Il n’y a pas de formations de complexes dans les sérums ayant des titres bas d’IgE spécifiques malgré la supplémentation.

En conclusion cette étude a d’abord permis de valider une méthode d’évaluation de l’affinité du répertoire en IgE chez des sujets allergiques. Les différences observées dans la formation de complexes indiquent que la concentration en IgE spécifiques est corrélée avec l’affinité de ce répertoire. Au final il apparaît que ces données peuvent être des indicateurs d’un risque clinique réel. Cet impact clinique a déjà été observé dans l’allergie alimentaire (vis-à-vis de l’arachide par exemple).

Ces résultats plaident pour une intervention très précoce sur le système immunitaire pour freiner le développement de ce répertoire chez le jeune enfant.

Clinical and experimental allergy. DOI : 10.1111/j.1365-2222.2012