Le stade de développement du cancer colo-rectal au moment du diagnostic est un facteur déterminant pour le pronostic de la maladie. Pour cette raison le dépistage systématique a été élargi à l’ensemble du territoire national depuis 2009 chez les sujets de 50 à 74 ans. Il s’inscrit dans le plan cancer 2009-2013 et cible une population de 17 millions de personnes. Il repose actuellement sur la recherche de sang dans les selles par l’Hémoccult II, seul test validé actuellement. Il s’agit d’un test colorimétrique qui a une bonne spécificité (98%) et évite ainsi le recours à de nombreuses coloscopies inutiles. Le revers de la médaille est sa faible sensibilité (environ 50% en cas de cancer, 20 à 30% en cas d’adénome). Pour qu’il soit efficace et permette de réduire significativement la mortalité, cela impose une forte participation, d’au moins 50% de la population concernée. Or cet objectif n’est que rarement atteint ce qui a poussé l’INCA a envisager le recours à des tests plus sensibles. Ils sont de 2 types. Les tests immunologiques automatisés (iFOBT), qui sont beaucoup plus sensibles (70%) et dont la spécificité bien qu’inférieure, peut devenir acceptable en ajustant le seuil de positivité. En effet, outre leur sensibilité, ces tests ont d’autres avantages, comme d’être quantitatifs, automatisés et spécifique de l’hémoglobine humaine et donc non sensibles à certaines interférences (vitamine C). Le prélèvement peut également être réduit mais son intégrité n’est pas garantie dans certaines conditions de transport.

L’autre alternative repose sur la détection de biomarqueurs sériques. Un test basé sur la méthylation du promoteur du gène Septin 9, modification spécifique du cancer colo-rectal, a été commercialisé et évalué dans une étude récente (PRESEPT). D’après les résultats préliminaires, sa spécificité serait d’environ 90% et sa sensibilité de 70% (pour le CCR), donc comparable à celle des iFOBT. Une deuxième génération de tests, de réalisation plus rapide (8h au lieu de 24) avec un meilleur ratio sensibilité / spécificité est déjà en cours d’évaluation. Le principal avantage est l’utilisation de prélèvemetns sanguins, plus faciles à obtenir que des prélèvements de selles et facilitant le dépisatge de masse.

Indépendemment du dépistage, le principal test utilisé dans le diagnostic et le suivi du CCR est l’ACE, qui doit être utilisé dans 3 circonstances (en pré-opératoire pour aider à « grader » le cancer, en post-opératoire pour la détection précoce de métastases locales et en suivi à long terme pour la détection de récidives ou l’évaluation du traitement en cas de cancer métastatique. Pour les 20 à 30% de patients atteints de CCR sans augmentation de l’ACE, le CA 19.9 peut être dosé.

Enfin certains marqueurs moléculaires peuvent aider à mettre en place un traitement ciblé par détermination du profil génétique de la tumeur. Certains mutations K ras inactivent par exemple les traitements ciblant le récepteur de l’EGF (Erbitux et Vectibix).

Biologistes Infos – Juin 2011