le facteur primordial de la performance physique dans les sports d’endurance est la VO2 Max qui définit le rendement énergétique aérobie. L’un de ses facteurs limitants est le transport et la délivrance d’oxygène vers les muscles.

La rHU-EPO (ou érythropoïérine de synthèse) permet d’accroître cette capacité de transport. Toutefois, son usage dans un cadre dopant, en plus d’être contraire à l’éthique sportive entraîne de nombreux effets secondaires (épisodes thrombo-emboliques, HTA …). Les méthodes de détection sont de 2 types :

 

  • Méthode directe sur échantillon urinaire : le test urinaire « français » permet de différencier la rHU-EPO de l’EPO naturelle retrouvée dans les urines. Elle présente donc l’avantage incontestable de mettre directement en évidence la substance en rapport avec la conduite délictueuse et elle reste le seul test agréé par le TAS (Tribunal Arbitral du Sport). Elle présente en revanche des inconvénients : réalisation longue et complexe, coût élevé et fenêtre de détection courte.
  • Méthode indirecte sur échantillon sanguin : le test sanguin « australien » repose sur l’exploitation grâce à des modèles mathématiques de résultats de divers dosages sanguins : taux d’Hb, % de réticulocytes, concentration en EPO et éventuellement récepteur soluble de la transferrine. Cette méthode n’offre donc pas les mêmes garanties de fiabilité et de certitude que la méthode urinaire. Par contre elle présente des avantages indiscutables : de réalisation aisée, relativement rapide et peu coûteuse, elle peut être utilisée selon un mode biphasique (« On Model » avec élévation des réticulocytes permettant de dépister les athlètes utilisant la rHu-EPO au moment du contrôle et « Off Model » avec diminution des réticulocytes permettant de dépister les athlètes ayant utilisé l’EPO plus d’une semaine avant le contrôle).

Les 2 méthodes sont donc complémentaires. La méthode sanguine donne une bonne indication sur l’augmentation artificielle de l’EPO et permettent de tester un grand nombre d’athlètes à un coût raisonnable. Le test urinaire permettant de prouver l’usage de rHu-EPO peut être utilisé en confirmation du test sanguin (si On Model positif) ou de façon indépendante.

Deux types de méthodes sont actuellement en cours d’évaluation : une méthode directe reposant sur la différence de glycosylation par HPLC-SM et une méthode indirecte grâce à la biologie moléculaire (sur- ou sous-expression génique consécutive à la prise de rHu-EPO)

Biotribune – 02/2004