La stéatohépatite métabolique (Mash) est un facteur de développement silencieux des cancers du foie, mais aussi de cancers courants extra-hépatiques. Son dépistage est fondamental, d’autant que de nouveaux traitements arrivent, comme l’ont souligné les experts de cette pathologie réunis lors de la 11e édition du Paris Mash meeting.
La stéatose hépatique concerne le plus souvent les patients ayant des facteurs de risque (FDR) cardiométaboliques (obésité, diabète, hypertension…) ou ceux ayant une consommation d’alcool, même apparemment non excessive.
En France, la prévalence de la stéatose hépatique métabolique (MASLD) est d’environ 18 % de la population, dont 25 % des cas évoluent vers la stéatohépatite métabolique (Mash). Ces patients sont alors à risque de progresser vers une cirrhose et ses complications, en particulier le carcinome hépatocellulaire. L'âge, le sexe masculin, les FDR cardiométaboliques, les facteurs génétiques et ceux liés au microbiote intestinal sont les moteurs de cette progression. La Mash est devenue la deuxième cause de carcinome hépatocellulaire après l’alcool.
La Mash est très difficile à détecter car elle évolue silencieusement jusqu’aux complications. Dépisté tardivement, le carcinome hépatocellulaire est alors de très mauvais pronostic. La commission de The Lancet (Chan et al., 2025) estime que d'ici 2050, le nombre de cancers hépatiques et leurs conséquences doubleront. Pour les experts, le dépistage à large échelle doit être favorisé. Les tests sanguins ou l'élastométrie permettent de diagnostiquer précocement la fibrose hépatique avancée chez des patients asymptomatiques notamment chez ceux à FDR métaboliques.
Le bilan sanguin repose sur un bilan hépatique complet (transaminases, GGT, PAL, bilirubine), l'hémogramme, le bilan lipidique, le test d’insulinorésistance afin de déterminer l’index HOMA (de l’anglais, Homeostasis Model Accessment of insuline resistance)et le bilan martial.
Plusieurs études ont aussi montré que la MASLD était associée à une augmentation du risque de cancers extrahépatiques (colorectal, digestif, sein, endomètre, thyroïde…). Depuis une dizaine d’années, une augmentation de l'incidence des cancers chez les sujets jeunes est notée. La MASLD peut être une explication. Des travaux préliminaires proposent que le foie pourrait fabriquer des vésicules extracellulaires favorisant le cancer.
Les règles hygiéno-diététiques constituent le traitement primaire. Les patients doivent perdre du poids et pratiquer une activité physique. Une étude (Vilar-Gomez E.et al., Gastroenterology, 2015) avait montré qu’une perte soutenue de 10 % du poids faisait régresser les lésions fibro-inflammatoires après un an de mesures hygiéno-diététiques.
Par ailleurs, sur le plan médicamenteux, de nouvelles molécules arrivent dans le traitement de la Mash. Le resmetirom a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) aux États-Unis et en Europe et devrait être disponible en France en fin d’année. Cet agoniste des récepteurs β des hormones thyroïdiennes (THR-β) induit une hyperthyroïdie intrahépatique faisant diminuer graisse, inflammation et fibrose. Autre molécule prometteuse, le sémaglutide vient d'obtenir une AMM dans la Mash. Le tirzépatide (double agoniste GLP-1/GIP) a également reçu une AMM pour l’obésité et le rétatrutide (triple agoniste GLP-1/GIP/Glucagon) pourrait suivre. Ces molécules induisent une perte de poids encore plus importante avec une efficacité équivalente à la chirurgie bariatrique.
Ref : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/steatose-hepatique/diagnostic
Egora.fr 11e édition du Paris Mash meeting.
