L'échec relatif des campagnes de dépistages des cancers est en partie du aux modalités actuelles  de prélèvement ou d'examens qui ne permettent pas un recrutement plus important. Des tests sanguins dont dont l'acceptabilité est probablement meilleure pour le grand publiv ont été récemment présentés comme révolutionnaires, et les spécialistes présents au congrès international de cancérologie font le point sur la question.
Les résultats récents d’une étude américaine récente (étude Pathfinder) décrit un test sanguin qui pourrait dépister 50 types de cancer avant que les patients présentent des symptômes.
Le test est basé sur l’étude de petits fragments d’ADN libre dans le sang dont le profil de méthylation est différent entre les ADN libres des cellules cancéreuses par rapport à des cellules non cancéreuses.
6 621 adultes de plus de 50 ans et ne présentant aucun symptôme ont été inclus dans ce test. Pour 6 529 personnes, le test était négatif. Un cancer potentiel a été évoqué pour 92 personnes, soit 1,4% des personnes testées.
D’autres tests ont confirmé des tumeurs solides ou cancer du sang chez 35 personnes soit 38 % des personnes sur les 92. Ce qui laisse supposer qu’il y a 62 % de "faux positifs".
Les discussions entre experts sont animées car les opinions divergent. Certains pensent que ces tests utilisés à grande échelle risquent de créer des anxiétés injustifiées chez un grand nombre de personnes, mais aussi à conduire à des tests de suivis inutiles et couteux (pour Paul PHAROAH, Professeur d’épidémiologie du cancer à l’université de Cambridge), voire même détecter des cancers qui n’évolueront pas.
Néanmoins, le NHS a comme objectif de passer de 50% de détection des cancers aujourd’hui à 75% en 2028, et pense que ce test pourrait être un outil pour y arriver. Naser TURABI du Cancer Research UK estime aussi qu’un nombre trop grand de cancers sont dépistés trop tard et qu’ainsi l’utilisation de ce type de test permettra de sauver de nombreuses vies.
Cet argument est aussi discuté car sur les 35 cancers réellement diagnostiqués par ce test, seulement 15 étaient au stade 1 ou 2 et cela n’augmente pas significativement le pourcentage de détection précoce de cancer par rapport à la stratégie actuellement utilisée en UK.
Pourtant ce test est déjà disponible aux USA pour des patients à risque augmenté de cancer pour un coût de près de 1000 dollars ; et l’on peut se demander si cette stratégie est économiquement possible à grande échelle. Le risque d'une stratégie excluant encore plus les personnes en difficulté socio-économique est évidemment moralement problématique.
Les spécialistes se rejoignent néanmoins sur l’intérêt du test pour des cancers qui ne présentent souvent des symptômes qu’à un stade métastatique (notamment les cancers pancréatiques ou ovariens) car si ce sont les cancers de la prostate, du sein ou du colon qui sont ciblés, ils peuvent être dépistés selon les modalités actuelles.
Ils mettent en garde contre les informations par communiqués de presse comme c’est le cas ici, qui sont délétères tant que l’on ne sait pas réellement si on augmente réellement le taux de détection et les chances de survie ou si l’on expose les populations à un sur-diagnostic.

Réf : Gyneco on line Oct 2022 et  congrès de la société européenne d’oncologie médicale qui a eu lieu en septembre 2022 à Paris
NHS England. www.england.nhs.uk/2020/11/nhs-to-pilot-potentially-revolutionary-blood-test.

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