Si les traitements anti-rétroviraux ont permis de limiter considérablement la mortalité des patients séropositifs et l'évolution vers les formes graves lorsqu'ils sont administrés précocément, la guérison totale avec élimination définitive du virus reste exceptionelle. Les chercheurs de l'institut national américain des allergies et des maladies infectieuses ont quant à eux présenté leurs travaux menés sur les profils d'expression du génome des cellules sanguines infectées par le VIH, y compris celles qui leur servent de réservoir.
Les auteurs ont utilisé une nouvelle technologie de séquençage de génomes triés dans des microgouttelettes, appelée FIND-Seq (Focused interrogation of cells by nucleic acid detection and sequencing), pour séquencer spécifiquement le transcriptome issu de l'ADN viral intégré au génome des lymphocytes T CD4 mémoires issus de six patients vivants avec le VIH dont l'infection est indétectable grâce à un traitement antirétroviral. Ils ont comparé le résultat à celui obtenu à l'aide de la même technique, mais sur des cellules non infectées.
Ils ont ainsi mis en évidence l'inhibition de six voies de signalisations, y compris la voie de signalisation Ga 12/13 nécessaire pour déclencher l'apoptose (mort cellulaire). Cette inihibition permet de sanctuariser des cellules hôtes du virus. Ces résultats sont importants car ils permettent de mieux comprendre comment l'infection des lymphocytes T mémoires par le VIH promeut la persistance du VIH et la survie des cellules dans lesquelles le virus trouve refuge. La connaissance précise de ces mécanismes est un préalable indispensable à l'élaboration de tratements associés aux antirétroviraux afin de permettre l'élimination définitive des particules virales présentes dans ces cellules.

Ref : Quotidien du médecin - Communication orale lors de l'IAS (International AIDS Society, Montreal 29/07-02/08)

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