Le dépistage du cancer du col de l'utérus passe désormais en France par la recherche d'HPV au niveau génital pour une majorité de femmes (30-65 ans). L'un des freins à la généralisation de ce dépistage reste le prélèvement endocervical qui doit être réalisé par du personnel médical spécialisé avec des disposnibilités parfois limitées. D'où la question de recourit à l'autoprélèvement à condition de na ps diminuer la sensibilité des tests.
Dans cet esprit une nouvelle Meta analyse regroupant 26 études (10.071 patientes)  vient d’être publiée comparant l’utilisation du test HPV en dépistage entre auto prélèvement réalisés par les patientes et les prélèvements réalisés par un clinicien.
L’agrément global était de 88.7 % (95 % CI: 86.3 %-90.9 %), la concordance des tests positifs était de 84.6 % (95 % CI: 79.9 %-88.7%), des tests négatifs de 91.7 % (95% CI: 89.1%-94.0 %). Si l’on tient compte des techniques de détection la concordance globale était meilleure avec les techniques d’amplification avec 90.4 % de concordance versus 86.7 % pour les techniques sans amplification ou encore légèrement inferieures à 82.3 % pour les techniques de détection des RNA (p<0.001). Les auteurs notent par ailleurs un taux de positivité plus important dans les auto prélèvements probablement par la présence de faux positifs liés à la présence d’HPV à Bas risque dans la filière vaginale pouvant entrainer des réactions croisées avec les HPV à haut risque.

Ces résultats très encourageants permettent néanmoins d’envisager l’utilisation des auto prélèvements notamment chez les femmes réticentes à la pratique d’un examen gynécologique et permettront (nous l’espérons) dans l’avenir d’améliorer chez elles le dépistage précoce de lésions pré-cancéreuses. Il faut tout de même rappeler que l’auto-prélèvement ne permet pas le « triage » cytologique secondaire permettant de sélectionner les patientes à adresser en colposcopie et que le portage ou la positivité  d’un test HPV à haut risque ne signifie pas  être porteur d’une lésion cervicale. Les résultats de ces auto-prélèvements doivent être gérés avec une bonne connaissance de la physio-pathologie des HPV par le clinicien référent ce qui demandera une transmission rapide des résultats et une formation adaptée afin de ne pas entrainer trop d’inquiétudes chez les femmes HPV positives.

Ref : Meta-analysis of agreement/concordance statistics in studies comparing self- vs clinician-collected samples for HPV testing in cervical cancer screening
Marc Arbyn 1 2, Philip E Castle 3 4, Mark Schiffman 4, Nicolas Wentzensen 4, Brandy Heckman-Stoddard 3, Vikrant V Sahasrabuddhe 3
Int J Cancer   2022 Feb 18.  doi: 10.1002/ijc.33967. Online ahead of prin
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