Les enfants suivent de plus en plus fréquemment des régimes végétariens allant de l’exclusion de la viande à l’exclusion de tous les produits d’origine animale (régime végan). Bien composés et bien supplémentés, ces régimes leur apportent des quantités adéquates de macronutriments et de micro-nutriments. D’après une étude de cohorte longitudinale, ils leur assurent au final une croissance et un statut nutritionnel quasi similaires à ceux des enfants non végétariens.

L’étude a été menée au Canada, pays où il est recommandé de supplémenter les régimes végétariens des enfants avec 500 ml/j de lait de vache ou d’une boisson de soja enrichie pour couvrir les besoins en calcium.

De 2008 à 2019, près de 9 000 enfants de 6 mois à 8 ans ont été recrutés et suivis pendant 2,8 ± 1,7 ans en soins primaires, à Toronto. A chaque consultation systématique, le régime des enfants était précisé par les parents (végétarien / non végétarien), les enfants étaient pesés et toisés et leur indice de masse corporelle [IMC] calculé ; des prélèvements étaient réalisés pour doser la ferritine, la 25-hydroxyvitamine D [25-OH-D] et les lipides dans le sang.

A la première consultation systématique après 6 mois, 248 enfants avaient un régime végétarien, dont 25 un régime végan. Ces enfants avaient été allaités un peu plus longtemps et ils étaient plus souvent d’ascendance asiatique que les 8 659 enfants qui avaient un régime non végétarien.


Il n’y a pas d’association significative entre un régime végétarien et le z-score moyen de l’IMC (Index de Masse Corporelle), un résultat qui n’est pas modifié par l’âge de l’enfant et la consommation de lait de vache.  Par exemple, il n’y a pas d’association entre un régime végétarien d’une part, et la ferritinémie, le taux de 25-OH-D et le lipidogramme d’autre part. (p <0,05).

Notons quand même 2 légères différencesToutefois, quand on considère la distribution des IMC par catégorie au lieu du z-score moyen, le risque d’une insuffisance pondérale (IMC < - 2 DS) est presque doublé avec un régime végétarien (Odds Ratio ajusté : 1,87 ; Intervalle de Confiance de 95 % : 1,19-2,96), alors que les risques de surpoids et d’obésité sont similaires.

Il y a également une faible association entre un régime végétarien et la moyenne de la taille pour l’âge (p = 0,05). En valeur absolue le déficit de taille des enfants végétariens est minime ; par exemple, il est en moyenne de 0,3 cm à l’âge de 3 ans.

L'une des principales limitations de cette étude est l’absence de résultats spécifiques des régimes végans du fait du petit nombre de ces régimes.

On peut se réjouir que les enfants végétariens ne soient pas carencés en fer et en vitamine D. Selon les auteurs, la plupart de ces enfants ont une croissance et un statut nutritionnel similaires aux enfants non végétariens ; il faudra probablement examiner de près les régimes dee enfants concernés pour vérifier qu'il n'y a pas pas de raison autres pouvant expliquer de légers retards staturo-pondéraux.

 

RÉF : Elliott LJ et coll. : Vegetarian diet, growth, and nutrition in early childhood : a longitudinal cohort study. Pediatrics 2022 ; 149(6) : e2021052598

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