La stratégie de dépistage du cancer du col de l'utérus a récemment changé en France avec la recherche d'HPV en prelière intention chez les femmes de plus de 30 ans. Si cette recherche permet d'espacer les tests en cas de négativité, elle ne résout pas le problème de l'accès à un gynécologue, une sage femme ou un médecin biologiste pour la réalisation du prélèvement, ce qui limite la portée du dépistage. D'où l'idée de demander aux patientes de le réaliser elle-même avec des kits adaptés et une explication.

La vérification de la concordance des résultats est probante puisque de 88.7 %. La concordance des tests positifs est de 84.6 %, des tests négatifs de 91.7 %. Si l’on tient compte des techniques de détection la concordance globale était meilleure avec les techniques d’amplification avec 90.4 % de concordance versus 86.7 % pour les techniques sans amplification ou encore légèrement inferieures à 82.3 % pour les techniques de détection des RNA (p<0.001). Les auteurs notent par ailleurs un taux de positivité plus important dans les auto prélèvements probablement par la présence de faux positifs liés à la présence d’HPV à bas risque dans la filière vaginale pouvant entrainer des réactions croisées avec les HPV à haut risque.

Ces résultats très encourageants permettent d’envisager l’utilisation des auto prélèvements notamment chez les femmes réticentes à la pratique d’un examen gynécologique et pourrait permettre dans l’avenir d’améliorer chez elles le dépistage précoce de lésions pré-cancéreuses. A noter cependant que l’auto-prélèvement ne permet pas le « triage » cytologique secondaire permettant de sélectionner les patientes à adresser en colposcopie et que le portage ou la positivité  d’un test HPV à haut risque ne signifie pas  être porteur d’une lésion cervicale. Il est donc important que les résultats de ces auto-prélèvements soient gérés avec une bonne connaissance de la physio-pathologie des HPV par le clinicien afin de ne pas entrainer trop d’inquiétudes chez les femmes HPV positives.

Réf : Meta-analysis of agreement/concordance statistics in studies comparing self- vs clinician-collected samples for HPV testing in cervical cancer screening, Marc Arbyn et al. Int J Cancer   2022 Feb 18.  doi: 10.1002/ijc.33967. Online ahead of print.

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