Une étude de la bibliographie (forcément récente) concernant le variant Omicron permet de répondre à certaines questions et en laisse d'autres ouvertes. Les données semblent assez complètes pour ce qui concerne la transmissibilité du virus et sa résistance aux traitements actuels. 
Transmissibilité accrue : Les nombreuses mutations présentes sur la protéine S et le domaine de liaison aux récepteurs ACE2 favorisent la pénétration du virus au niveau naso-pharyngé. Des mutations au niveau de la nucléocapside pourraient accroitre la replication virale. Des études sur des lignées cellulaires montrent un taux de replication virale 70 fois plus élevé pour le variant Omicron par rapport au variant Delta. Les charges virales retrouvées au niveau naso-pharyngé sont donc plus importantes avec une transmissibilité par projection directe ou aérosols probablement augmentée.
Il en résulte une accélération de l'évolution de l'infection, constatée en particulier sur les données britanniques qui montrent un taux de doublement de 2 à 4 jours et un risque de transmission domestique multiplié par 3 avec la généralisation des cas familiaux groupés.
L'échappement à la réponse immunitaire et résistance aux traitements : Elle concerne aussi bien les vaccins que les traitements par anticorps monoclonaux, qui ont été conçus pour être efficace sur les protéines S des souches précedemment actives. Ainsi 6 des 9 Ac monoclonaux actuellement utilisés n'ont pas d'action suffisante sur Omicron et dans la majorité des cas, le schéma vaccinal avec 2 doses de plus de 5 mois ne permet pas d'éviter l'infection. En revanche, une dose de rappel permettant d'augmenter la réponse immunitaire (taux d'Ac multiplié par 5 à 30 selon les individus) permet probablement de limiter 
fortement la sévérité de l'infection et partiellement la circulation virale.
2 questions restent à ce jour sans réponse : La durée de l'efficacité de la dose de rappel sera-t-elle durable, devra-t-on le refaire prochainement ou y substituer une nouvelle formulation des vaccins adaptés à cette souche? Enfin la virulence d'Omicron, qui ne semble pas à ce jour supérieure à celle de Delta mais ce point reste à confirmer, en particulier en tenant compte du statut immunitaire des personnes infectées.


Ref : https://geodes.santepubliquefrance.fr/#c=indicator&view=map2; Risk assessment for SARS-CoV-2 variant: Omicron VOC-21NOV-01 (B.1.1.529) UK Health Security Agency; Considerable escape of SARS-CoV-2 variant Omicron to antibody neutralization preprint de l'Institut Pasteur

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