Si les troubles du spectre autistique (TSA) constituent des perturbations neuropsychiatriques dont l’étiologie précise demeure inconnue, on estime que celle-ci implique à la fois une sensibilité génétique et des facteurs environnementaux. Parmi ces facteurs liés à l’environnement l’exposition des tissus cérébraux à l’aluminium représente l’une des pistes neurotoxiques envisagées. Sans tomber dans les excès des détracteurs de la vaccination, il convient d'étudier cette piste sans a priori.
Jusqu'à présent les recherches classiques où l’exposition humaine à l’aluminium n’est appréciée qu’à travers sa mesure dans les cheveux (ou plus rarement dans le sang et dans l’urine) n'avaient pas montré d'augmentation significative chez les sujets atteints de TSA.
L'originalité d'une l'étude britannique récente est d'évaluer pour la première fois la teneur en aluminium du tissu cérébral de donneurs avec un diagnostic de TSA, grâce à une collaboration avec la banque de tissus cérébraux de l’Université d’Oxford  et le recours à des techniques particulières (spectrométrie d’absorption atomique et microscopie à fluorescence).
Dans les échantillons de tissus cérébraux des cinq sujets avec TSA examinés, les auteurs constatent que la teneur en aluminium est constamment élevée. Ces fortes teneurs en aluminium incitent les chercheurs à avancer la possibilité du rôle de l’aluminium cérébral dans le déterminisme des TSA. La prudence doit bien sûr rester de mise dans ces pathologies complexes et multifactorielles et des études complémentaires sont attendues pour confirmer ces premiers résultats. 

Ref : Mold M et coll.: Aluminium in brain tissue in autism. Journal of Trace Elements in Medicine and Biology, 2018; 46: 76–82.