LABORATOIRE VIALLE : 9 sites en Haute Corse

Site de Lupino

Agréé Assistance Médicale à la Procréation
Immeuble Santa Maria
20600 Bastia
Tel : 04 95 30 17 40

Du lundi au vendredi
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h,
service d’urgence jusqu’à 18h

Site St François


2 rue St François
20200 Bastia
Tel : 04 95 34 81 20

Du lundi au vendredi
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h

Site de Casamozza

Immeuble Maria Paola
20290 Lucciana
Tel : 04 95 59 02 27

Du lundi au vendredi 
de 6h à 18h00
Samedi de 7h à 12h

Site Annonciade

Immeuble les Asphodèles Bat C
20200 Bastia
Tel : 04 95 34 41 63

Du lundi au vendredi
de 7h à 12h30 et de 14h30 à 18h00
Samedi   Fermé

Site de Toga

Chemin du Fort de Toga
20200 Ville de Pietrabugno
Tel : 04 95 34 94 10

Du lundi au vendredi
de 7h à 12h30
Samedi   Fermé

Site du Cap

Immeuble U Boscu d’Oru
20200 San Martino di Lota
Tel : 04 95 31 17 03

Du lundi au vendredi 
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h

Site du Bastio

Résidence le Bastio II
20600 Furiani
Tel : 04 95 34 84 84


Du lundi au vendredi 
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h

Site de St Florent

Résidence Tamaris
20217 Saint Florent
Tel : 04 95 37 18 99


Du lundi au vendredi
de 7h à 12h30 et de 14h30 à 18h
Samedi de 8h à 12h

Site de Borgo

Centre commercial Santa Devota
20290 Borgo
Tel : 04 95 38 31 58


Du lundi au vendredi
de 7h à 19h
Samedi de 7h à 12h

Les syndromes myélodysplasiques (SMD) sont des anomalies clonales de la cellule souche myéloïde caractérisés par des degrés variables de cytopénie et un risque d’évolution en leucémie aiguë myéloïde. La survie des patients est actuellement estimée selon des modèles pronostiques, essentiellement le « revised International Pronostic Scoring System » (IPSS-R). Les traitements actuels offrent des possibilités limitées quant à la survie, l’allogreffe étant la seule option curative, mais son indication est réservée aux risques les plus élevés et aux patients éligibles, pouvant justifier la morbi-mortalité importante.

 

Le NGS (next-generation sequencing) a permis de mettre en évidence de nombreuses mutations informatives pour le pronostic et offre la possibilité d’améliorer les modèles pronostiques actuels. Cette étude porte sur l’analyse par NGS du DNA des patients archivés au diagnostic, avec un panel de 27 gènes pour hémopathies myéloïdes, dans le but d’identifier des mutations conférant un pronostic indépendant de l’IPSS-R, et de clarifier leur contribution pronostique. L’étude porte sur 179 patients, d’âge médian 73 ans, dont 68 % d’hommes. La distribution en fonction des groupes de risque IPSS-R est de 11 % pour les très hauts risques, 18 % pour les hauts risques, 17 % pour les risques intermédiaires, 38 % pour les faibles risques, 16 % pour les très faibles risques. Des anomalies du caryotype sont présentes chez 60 % des patients dont 14 % de très défavorables, 5 % de défavorables, 22 % de pronostic intermédiaire, 54 % de favorables, 5 % de très favorables. Avec un suivi médian de 30 mois, 83 % des patients sont décédés et 15 % sont en transformation aiguë. Le NGS montre au moins 1 mutation chez 82 % des patients, 2 chez 27 %, 3 ou davantage chez 21 %. Les mutations récurrentes intéressent ASXL1 (30 %), TET2 (25 %), SF3B1 (20 %), U2AF1 (16 %), SRSF2 (16 %), TP53 (13 %), RUNX1 (11 %), DNMT3A (10 %), IDH2 (6 %), EZH2 (4 %), IDH1 (3 %), SETBP1 (3 %), CSF3R (3 %) CEBPA (3 %), KIT (2 %), CBL (1 %), JAK2 (1 %), CALR (0,5%) et FLT3 (0,5 %)

 

E croisant ces données, il apparait qu’une corrélation peut être faite entre les principles mutations et les phénotypes. Certaines sont plutôt de bon pronostic : Les mutations de TET2 sont associées à un âge avancé, à une hémoglobine plutôt élevée, à un risque IPSS-R très faible/faible... Les mutations de SF3B1 sont associées à des taux de leucocytes et de plaquettes élevés, à une faible incidence de thrombopénie, à un faible pourcentage de blastes médullaires, à une faible incidence d’anomalies cytogénétiques, à une cytogénétique très favorable/favorable, à un risque IPSS-R faible/très faible. Les mutations d’U2AF1 sont associées à une cytogénétique favorable, à des plaquettes basses.

D’autres au contraire sont de mauvais pronostic en termes de survie ou d’évolution leucémique : Les mutations de ASXL1 sont associées à un âge avancé, à une hémoglobine diminuée, à une cytogénétique intermédiaire, à un risque IPSS-R intermédiaire/faible. Les mutations de SRSF2 sont associées à une incidence élevée de thrombopénie, à un pourcentage élevé de blastes médullaires, à un risque IPSS-R élevé/intermédiaire. Les mutations de TP53 sont associées à une cytogénétique très défavorable et à risque IPSS-R élevé.

En analyse multivariée, on ne retrouve associées à une survie inférieure que les mutations d’ASXL1, SETBP1, TP53. Les mutations de SRSF2, IDH2, CSF3R sont identifiées comme étant des facteurs de risque d’évolution leucémique. Le nombre de mutations n’a pas de valeur pronostique. L’ajout de l’âge à l’analyse multivariée n’affecte pas le résultat. Dans le but de mieux apprécier la valeur pronostique de ces mutations, une analyse a été faite regroupant les mutations péjoratives pour la survie (ASXL1, SETBP1, TP53) et les mutations péjoratives pour l’évolution leucémique (SRSF2, IDH2, CSF3R). On trouve alors 41 % des patients avec au moins une mutation défavorable pour la survie et 20 % des patients avec au moins une mutation défavorable pour l’évolution leucémique. L’analyse par risque IPSS-R montre que les mutations défavorables pour la survie sont très significatives dans le groupe très faible/faible risque (p< 0,0001), mais pas dans les groupes intermédiaires, très haut/haut risques. Les résultats des mutations défavorables pour l’évolution leucémique sont moins ségrégatifs.

 

Cette étude montre que dans les SMD, les mutations de ASXL1/SETBP1/TP53 d’une part, de SRSF2/IDH2/CSF3R d’autre part, sont des facteurs de risque pour la survie et pour l’évolution leucémique respectivement, le plus souvent indépendamment du score IPSS-R. 41 % et 20 % des patients ont au moins une mutation défavorable pour la survie ou l’évolution leucémique respectivement. L’impact pronostique de ces mutations défavorables est le plus prononcé dans les faibles risques IPSS-R et peut constituer une information utile pour une décision thérapeutique.

 

Des mutations de mauvais pronostic pour la survie et pour l’évolution leucémique ont déjà été décrites dans de nombreuses études, mais les résultats n’ont jamais été ajustés au score IPSS-R. Les résultats rapportés confirment la valeur pronostique pour la survie des mutations d’ASLX1 et TP53 et de l’association des mutations de SRSF2 avec l’évolution leucémique. Aussi il semble prématuré de statuer définitivement sur la valeur ou les limites d’un screening mutationnel dans les SMD. Par contre, il semble raisonnable de prendre en compte les mutations d’ASLX1, TP53, SRF2 chez les sujets à faible risque IPSS-R, particulièrement lorsqu’une greffe allogénique peut être envisagée.

 

Ref : Tefferi A et coll.: Targeted next-generation sequencing in myelodysplastic syndromes and pronostic interaction between mutations and IPSS-R. Am J Hematol.,2017; 92:1311-1317

La leucémie primitive à plasmocytes est une forme rare et agressive de myélome, définie par une plasmocytose sanguine clonale > 2 G/l ou 20 %. La plupart des études la décrive comme ayant un pronostic beaucoup plus défavorable que le myélome, mais on ne dispose que de peu de données concernant les patients traités avec les nouveaux agents thérapeutiques du myélome.
Cette étude rétrospective, multicentrique, collige les données de 39 patients provenant de 11 centres israéliens. L’âge médian de ces malades est de 60 ans, 26 % avaient une hypercalcémie au diagnostic, 69 % une insuffisance rénale, 90 % une anémie, 49 % une atteinte osseuse, 19 % une atteinte extra médullaire, 61 % une cytogénétique défavorable. Ils étaient de stade ISS 3 pour 75 % d’entre eux. Les traitements ont été divers ; 95 % ont reçu un traitement d’induction par chimiothérapie et 85 % ont reçu au moins un nouvel agent thérapeutique du myélome. La chimiothérapie d’induction incluait cyclophosphamide pour 67 %, une anthracycline pour 26 %, melphalan pour 15 % et les nouveaux agents étaient le bortezomib pour 77 %, le thalidomide pour 21 %, les deux associés pour 13 % ; 67 % des patients ont reçu un IMiD (médicament immunomodulateur) au cours de leur évolution et 49 % ont reçu une greffe de cellules souches dans un délai médian de 4 mois après le diagnostic, autologue chez les 2/3, autologue + allogénique chez 21 %.

Le taux de réponse à l’induction (réponse partielle ou mieux) est de 57 % avec 43 % de très bonnes réponses partielles ou mieux. Vingt-cinq patients sont décédés et la cause du décès était une progression de la leucémie à plasmocytes dans 92 % des cas ; 18 % des patients sont décédés dans les 2 premiers mois après le diagnostic, mais c’était les patients les plus âgés (médiane 82 ans).
Pour les patients répondeurs, la survie sans maladie après induction est de 15,5 mois, mais seulement 7,5 mois après une 2ème ligne de traitement. La survie globale de la cohorte entière est de 15 mois. L’absence de traitement par IMiD et l’absence de greffe de cellules souches sont associées à une survie plus courte. Le traitement par inhibiteur du protéasome n’a pas d’impact sur la survie.
La leucémie à plasmocytes a un pronostic plus mauvais que le myélome classique du fait de l’agressivité et de l’activité hautement proliférative du clone plasmocytaire. Un âge plus jeune, une fréquence élevée de maladies à chaînes légères et de chaînes lambda, une fréquence moindre de lésions ostéolytiques, une haute incidence de cytogénétiques défavorables suggèrent que la leucémie à plasmocytes n’est pas qu’un variant agressif de myélome.
La médiane de survie à 15 mois est sombre mais en accord avec les autres publications. En fait l’examen des courbes de survie indique un groupe de décès précoces, un groupe intermédiaire de patients dans la survie est de 6 à 18 mois et un groupe de survivants à plus long terme qui ont pour la plupart bénéficié d’une greffe de cellules souches. La survie des patients ayant bénéficié des nouveaux agents du myélome disponibles depuis la dernière décennie ont une survie meilleure (16,5 mois vs 10 mois), sans cependant que la significativité soit atteinte, probablement en raison du faible effectif numérique. Les patients qui ont bénéficié d’une ou 2 greffes de cellules souches, et surtout d’une greffe allogénique, ont un avantage en survie, mais avec un biais de sélection évident.
Au total l’étude révèle le caractère particulier de la leucémie à plasmocytes, l’impact favorable sur la survie du traitement par IMiD et de la greffe de cellules souches hématopoïétiques.

REF: Ganzel C et coll. : Primary plasma cell leukemia in the era of novel agents for myeloma – a multicenter retrospective analysis of outcome. LeukemiaResearch 2018 ; 68 ; 9 -14