Laboratoire de biologie médicale multisites VIALLE

ANALYSE DU PROFIL IMMUNITAIRE DE L’ENDOMÈTRE AVANT FÉCONDATION IN VITRO

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La présentation du Docteur Nathalie LEDEE (FFER PARIS 2016) porte sur les possibilités d’amélioration des traitements d’assistance médicale à la procréation (AMP) par l’étude de la réceptivité utérine lors du transfert embryonnaire après fécondation in vitro ; les auteurs rappellent que les performances des traitements d’AMP restent relativement faibles, puisque seulement 15 à 20 % des embryons transférés aboutissent à la naissance d’un enfant après fécondation in vitro. Partant sur le principe qu’une réaction immunitaire spécifique est nécessaire pour faciliter l’implantation de l’embryon, mais également réguler la phase d’ « invasion » pour une placentation normale, les auteurs étudient l’environnement immunitaire à partir d’une biopsie d’endomètre prélevée en phase lutéale, préalablement au traitement de fécondation in vitro. L’hypothèse de l’étude est qu’un déséquilibre de cette réaction immunitaire pourrait nuire à l’implantation embryonnaire. L’étude a été réalisée entre 2012 et 2014 sur 193 patientes qui ont bénéficié avant traitement de fécondation in vitro d’une biopsie d’endomètre, permettant l’analyse par immuno-histochimie du compte des cellules « natural killer » (cellule uNK). Sur le plan immunologique, le ratio IL-18/TWEAK a été utilisé comme biomarqueur de l’équilibre Th-1/Th-2 et le ratio IL-15/Fn-14 comme biomarqueur de la maturité des cellules uNK. En cas de déséquilibre immunitaire présent :

S’il existe une sur-activation des cellules « natural killer », un traitement à visée anti-Th-1 avec notamment de fortes doses de progestérone est indiqué

En cas de sous-activation, il est proposé un « scratching » de l’endomètre préalable au traitement de FIV avec supplémentation lutéale d’HCG.

L’étude a comparé les taux de naissance vivante et de fausse couche par grossesse. Sur 193 patientes, 151, soit 78,3 % des cas, ont présenté une dérégulation de l’environnement immunitaire de l’endomètre et ont donc bénéficié d’une personnalisation du soin, selon qu’il s’était agi d’une sur-activation ou d’une sous-activation des cellules « natural killer ». Le taux de grossesses à terme dans le groupe dérégulé-traité était de 30,46 % / 16,56 % dans le groupe appareillé, non analysé. Les auteurs notent également une réduction drastique des fausses couches spontanées, 18,5 %/42,4 %. Selon les auteurs, le profil immunitaire utérin permet ainsi d’optimiser les conditions locales de réceptivité utérine avec une augmentation statistiquement significative des grossesses à terme.

 

Ref : N. LEDEE, L. PRAT-ELLENBERG, L. CHEVRIER, R. BALET, C. SIMON, C. LENOBLE, E. EL IRANI, D. BOURET, G. CASSUTO, K. VEZMAR, A. BENSUSSAN, G. CHAOUT, M. PETITBARAT (Centre d’AMP de l’Hôpital des BLUETS , Paris 12 e - MatriceLab Innove, Hôpital SAINT LOUIS, Paris 10 e - Laboratoire d’AMP DROUOT-PARIS, Paris 20 e ) - Poster P008 FFER 2016 PARIS